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L’incidence de la COVID-19 sur les services chirurgicaux de l’HCC

2020-10-17

Les salles d’opération n’ont jamais été réputées pour leur flexibilité; ce sont plutôt des modèles d’efficacité. Tous les jours, on y effectue les interventions prévues en respectant des processus et des procédures mises en place pour assurer la sécurité des patients. L’HCC compte cinq blocs opératoires, ce qui permet, en tout temps, la réalisation de plusieurs opérations ainsi que la prestation de soins chirurgicaux d’urgence.

À la suite de la déclaration de la pandémie en mars, tous les hôpitaux de l’Ontario ont reçu l’ordre de reporter les opérations prévues (ou « non urgentes »). Malgré la COVID-19, l’HCC n’a jamais complètement fermé ses salles d’opération. Nous avons continué à pratiquer les interventions d’urgence nécessaires, les interventions servant à assurer la survie et les opérations dont le report aurait de graves répercussions sur la qualité de vie d’un patient. Nos équipes médicales prennent toujours ces décisions très au sérieux; elles doivent accorder la priorité aux membres de la communauté ayant le plus besoin de soins chirurgicaux.

Le 26 mai dernier, le ministère de la Santé de l’Ontario a annoncé une « reprise graduelle des services reportés ». Autrement dit, les hôpitaux comme le nôtre pouvaient recommencer à pratiquer les interventions chirurgicales prévues. Bien qu’il puisse sembler simple de reprendre les services qui avaient été mis en veilleuse pendant une période relativement courte, il a fallu, pour reprendre l’analogie de modèle d’efficacité, apporter une foule de mises à jour aux modèles chirurgicaux d’avant la pandémie afin d’assurer un fonctionnement sans anicroche dans notre « nouveau normal ». La meilleure façon de vous expliquer les changements que nous avons dû faire pour augmenter de façon sécuritaire le nombre d’opérations prévues, c’est probablement de vous présenter le parcours d’un patient – et ce parcours ne commence pas sur la table d’opération.

Une fois qu’un chirurgien a établi qu’une opération est nécessaire, un membre de son personnel appelle l’hôpital pour fixer une date, après quoi le processus de préparation s’amorce. La plupart du temps, dans les semaines précédant une opération prévue, les patients viennent à l’HCC aux fins de la préparation avant leur admission, ce qui peut comprendre des analyses de sang, une électrocardiographie (ECG) ou des radiographies – maintenant, cette préparation comprend aussi un premier dépistage de la COVID-19.

Deux semaines avant l’intervention prévue, les chirurgiens disent à leurs patients de réduire les risques d’exposition à la COVID-19 en suivant les consignes de Santé Ontario, soit de garder leurs distances, de se laver les mains souvent et de porter un masque. Un autre dépistage de la COVID-19 a lieu trois ou quatre jours avant l’opération et, enfin, un dernier au moment de l’arrivée du patient à l’hôpital le jour de l’opération.

Le dépistage de la COVID-19 est important pour deux raisons. Non seulement il contribue à freiner la propagation du virus, mais nous savons que les patients atteints du virus peuvent être considérablement plus vulnérables aux risques liés à l’opération. Si des symptômes de la COVID-19 apparaissent avant une intervention prévue, le patient doit appeler l’hôpital et le bureau du chirurgien afin de reporter l’intervention. Ainsi, nous pourrions être en mesure de donner cette case horaire à un autre patient, si le temps le permet. 

Comment l’hôpital détermine-t-il l’ordre des interventions reportées? En ce qui a trait à la prestation de soins aux patients d’ici, cette question revêt une grande importance tandis que nous nous employons à rattraper les retards accumulés concernant les interventions chirurgicales en raison de la pandémie de COVID-19.

Il y a toujours eu en place une méthode pour établir l’ordre de priorité des interventions. L’urgence, la présence d’indicateurs signalant une menace à la vie et la durée de temps pendant laquelle on peut retarder sans danger les interventions sont tous des facteurs déterminants. Aujourd’hui, d’autres facteurs viennent s’ajouter, notamment la disponibilité d’équipement de protection individuelle (ÉPI) et le dépistage de la COVID-19. La disponibilité du personnel et la capacité en lits d’hospitalisation contribuent aussi largement à la détermination du moment où les interventions chirurgicales auront lieu.

Les annonces récentes de financement par le gouvernement de l’Ontario, y compris l’affectation de fonds pour rattraper les retards accumulés en ce qui concerne les interventions chirurgicales, ont été très bien accueillies; ces fonds sont certes des plus utiles. Cependant, les défis ne se limitent pas au financement. D’autres ressources critiques sont également nécessaires. Par exemple, les infirmières et infirmiers autorisés qualifiés pour travailler dans les salles d’opération sont peu nombreux, et ne peuvent travailler qu’un certain nombre d’heures par semaine. Pour assurer la prestation d’un service sécuritaire aux patients, le repos entre chaque quart est obligatoire. Les chirurgiens aussi ne peuvent pratiquer des opérations que pendant un certain nombre d’heures en plus des rendez-vous à la clinique et au bureau.

Par ailleurs, l’utilisation polyvalente de l’espace physique nous aide à gérer la situation lorsque le taux d’occupation des lits est élevé. L’augmentation du nombre de « chirurgies d’un jour » atténue la pression exercée sur l’utilisation des lits d’hospitalisation. Offrir la chirurgie orthopédique la fin de semaine, lorsque la dotation en personnel et l’horaire le permettent, nous aide aussi. Nos chirurgiens, notre personnel infirmier et notre personnel de soutien travaillent d’arrache-pied pour rattraper les retards liés à la pandémie, et ce, pour le bien des patients.

Est-ce que les temps d’attente pour les interventions chirurgicales continueront de subir les contrecoups de la pandémie? Bien sûr. Si la propagation de la COVID-19 devient hors de contrôle, il est réaliste de croire que les hôpitaux pourraient devoir réduire leurs activités chirurgicales de nouveau. Peu importe ce que l’avenir nous réserve, sachez que notre dévouement envers les patients continuera à nous guider tandis que nous naviguons dans ce territoire inconnu.